Question écrite
M. Michel Voisin appelle l'attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur les craintes de la profession des biologistes concernant une ouverture incontrôlée à de grands groupes internationaux du capital des sociétés d'exploitation de laboratoires d'analyses de biologie médicale (et par extension de tous les autres acteurs de ce secteurs).
À l'instar de ce qu'ils ont réalisé dans d'autres professions (conseil, audit), des puissants groupes financiers ou fonds souverains ou de pension disposant de moyens financiers colossaux s'apprêtent en effet à investir massivement dans le capital des sociétés du secteur de la santé en France.
Après l'énergie, la communication ou la bancassurance, le secteur de la santé français s'apprête à devenir la nouvelle « vache à lait » des financiers et des spéculateurs.
Ainsi, de nombreux professionnels de la santé craignent, non sans raison, une capitalisation sans limite de notre système de santé et sa transformation en un réseau intégré de prestataires de services ou de marchandises comme les autres.
Par ailleurs, avec l'investissement massif déjà engagé des banques et assurances dans les complémentaires santé, ces grands groupes capitalistiques sont amenés à maîtriser non seulement le financement du risque mais en plus son traitement ; autant dire qu'ils « tiendront la santé par les deux bouts ».
Eu égard aux intérêts colossaux que représente la santé dans le PIB national et l'impérieuse nécessité d'assurer un égal accès au soin à tous nos compatriotes, où qu'ils se trouvent et quelle que soit leur condition, il demande quelles sont les mesures que compte prendre le Gouvernement pour : que la France ne soit pas spoliée par de grands groupes de son système de santé, certes coûteux, mais jalousé ; et que chaque Français, dans ce contexte concurrentiel grandissant, puisse continuer à disposer d'un même accès aux soins, selon la devise « à chacun selon ses besoins et à chacun selon ses moyens ».